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La rétroaction

10 avr.
8 min de lecture

L’encadrement doit s’inscrire dans une démarche globale d’une stratégie d’enseignement. Il s’avère évident qu’il est nécessaire d’offrir aux apprenants des rétroactions. Mais ce concept peut s’avérer très abstrait. Nous avons vu dans la section précédente certains outils technologiques nous permettant d’offrir un encadrement, mais encore faut-il le faire correctement, selon les règles de l’art pour qu'il soit efficace.

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Ainsi, fournir une rétroaction efficace et efficiente n’est pas nécessairement chose simple.


La rétroaction fait partie des influences les plus puissantes pour la réussite.

- John Hattie, dans Killian (2015)

Qu'est-ce que c'est

 Nous savons pertinemment que la rétroaction permet d’améliorer l’engagement des apprenants et est un facteur déterminant dans la réussite des élèves. Mais concrètement, qu’est-ce que c’est?

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En fait une rétroaction est un message destiné à un ou des élèves après avoir analysé et noté la manière dont il évolue dans la réalisation d’une tâche. C’est fournir de l’information permettant aux étudiants de s’améliorer et de développer la compétence visée (Sénécal, 2016). Le but est donc fort simple : diminuer l’écart entre la situation actuelle de l’élève dans sa progression et la situation désirée (par exemple la réussite ou la compréhension).

Source: La rétroaction dans TASEBT
Source: La rétroaction dans TASEBT

Tel que spécifié par Barriault (2016), une rétroaction ne devrait jamais inclure un jugement à propos de l’élève. Ainsi, l’idée générale derrière la rétroaction n’est pas d’attribuer le succès (ou l’échec) aux qualités personnelles de l’étudiant, mais plutôt aux actions posées pour accomplir la tâche.


Principes fondamentaux

Il est donc important de fournir des rétroactions aux étudiants, particulièrement lorsqu’ils sont engagés dans une tache afin de leur fournir des informations sur ce qu’ils maîtrisent ou non et de les aider à déterminer comment ils pourraient améliorer cette maîtrise (Killian, 2015).

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Killian (2015) répertorie les 4 fondements de la rétroaction selon Hattie et Marzano.

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Être disponible et ouvert pour discuter de la rétroaction avec l’apprenantLa disponibilité du tuteur pour discuter de la rétroaction fournie démontre du respect envers l’apprenant et l’encourage. La disponibilité est également un bon moyen de clarifier que les élèves aient bien compris.


Veiller à ce que la rétroaction soit constructive à la progression de l’élèveLe but de la rétroaction est d’aider les élèves à s’améliorer. Il faut donc s’assurer d’offrir une rétroaction qui soit constructive pour l’atteinte des objectifs des apprenants.


Sélectionner les points essentiels Afin d’être efficace, une rétroaction doit porter sur un petit nombre de points importants. Cela évite les surcharges cognitives.


Cibler des objectifs spécifiquesLa rétroaction fonctionne mieux quand elle est concentrée sur l’atteinte d’un but particulier. L’objectif peut être en lien avec une leçon particulière, une tâche.


Pourquoi offrir de la rétroaction?

Plusieurs raisons devraient inciter les tuteurs à offrir aux apprenants des rétroactions. Même s’il est aujourd’hui parfois « complexe » de comprendre comment et si l’élève veut être accompagné, tous les élèves ont toutefois un point en commun : le désir de s’améliorer et d’améliorer leurs compétences.

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Claude Boucher (2015) propose cinq raisons fondamentales selon lesquelles tout responsable pédagogique devrait se préoccuper de la rétroaction. Il s’agit selon elle d’une méthode efficace pour permettre aux élèves de mieux apprendre, d’apprendre davantage et d’améliorer les résultats.

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  1. La rétroaction peut être une opportunité de dialogue entre l’enseignant et l’étudiant. Elle encourage la réciprocité et l’établissement d’une collaboration enseignant-étudiant.

  2. Une rétroaction bien faite permet de soutenir l’apprentissage, améliore les performances ultérieures et développe l’autonomie chez les apprenants.

  3. Elle peut contribuer au développement de la perception positive de ses compétences ou au sentiment d'autoefficacité (Bandura, 1982), ainsi qu’à la motivation.

  4. Elle améliore l'adéquation entre les attentes de l’enseignant et le produit rendu par l’étudiant.

  5. Elle permet à l’enseignant de réguler et d'ajuster son enseignement.


Les types de rétroaction

Selon divers auteurs (notamment, Barriault, Sénécal et TASBT), il existe trois grands types de rétroaction. Utilisées de manière adéquate, toutes ces formes permettent d’aider les apprenantsà s’améliorer, mais certaines sont plus efficaces. La forme de rétroaction dépend du contexte et de la situation d’apprentissage.

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Voici les grandes lignes des différents types de rétroaction répertoriés.

 

Rétroaction de base

Explique aux apprenants ce qu’ils ont fait de correct ou non et fourni la réponse adéquate.


La rétroaction dite de base valide dans un premier temps avec l’étudiant si sa réponse était correcte ou non. Selon Sénécal (2016), donner les bonnes réponses aux élèves a beaucoup plus d’impact que de simplement énoncer leurs résultats.

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On appelle ce type de rétroaction ainsi puisqu’elle consiste à donner aux élèves des informations basiques. Néanmoins, tel que stipulé dans TASBT, cette rétroaction doit comprendre au minimum des informations sur : (1) le travail fourni par l’élève et (2) la réponse correcte.

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Selon Sénécal (2016), cette rétroaction ne peut être utilisée qu’avec un apprenant intermédiaire ou avancé. Un élève plus faible aura besoin d’une rétroaction plus explicite. Cette rétroaction peut être fournie notamment dans le cadre de tâches simples que l’élève fait régulièrement ou dans le cadre de tâches plus complexes. Dans ce dernier cas, TASBT relève que la rétroaction de base devrait comporter trois étapes :

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  1. dire à l’apprenant si sa réponse est juste ou non;

  2. fournir la réponse correcte;

  3. demander à l’apprenant de justifier la réponse correcte.


Rétroaction instructive (ou directive)

Explique aux apprenants ce qu’ils doivent faire en particulier pour s’améliorer ou réussir.


Le deuxième type de rétroaction est la rétroaction instructive, ou directive selon certains auteurs. Ce type de rétroaction selon TASBT propose des informations concrètes et spécifiques sur ce que les apprenants devraient faire avant de recommencer une tâche similaire.

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Ce type de rétroaction est particulièrement efficace auprès des apprenants en difficultés ou les débutants. Dans la plupart des cas, la rétroaction instructive implique de mettre l’accent sur les éléments spécifiques auxquels l’élève devra être particulièrement attentif la prochaine fois.

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TASBT relève que la rétroaction instructive est particulièrement efficace lorsque vient le temps de corriger des compréhensions erronées notamment concernant des processus. Finalement, il s’agit de rétroactions itératives, en cours d’apprentissage afin d’expliquer aux apprenants ce qu’ils doivent faire pour réussir et s’améliorer.


Rétroaction d'accompagnement (coaching)

Permet aux élèves d’imaginer des façons d’améliorer leur travail sans leur dire explicitement ce qu’ils doivent faire pour y arriver.

 

Finalement, la rétroaction d’accompagnement (aussi appelé de coaching ou d’entraînement), pousse les apprenants à réfléchir aux manières d’améliorer leurs performances, sans que le tuteur n’ait à lui enseigner explicitement quoi et comment faire.

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Auprès des apprenants « plus avancées », la rétroaction d’accompagnement est une méthode potentiellement puissante pour l’amélioration des performances et des habiletés métacognitives.

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Malgré la puissance potentielle de cette rétroaction sur les métacognitions, Sénécal (2016) dénote qu’elle est rarement utilisée puisqu’elle demande du temps, de l’expertise et un enseignement plus actif.


Les rétroactions commentées

Montelimar propose un intéressant tableau comparatif des types de rétroactionet de leurs formes en y incluant quelques commentaires. 

Source: Montelimar (2016)
Source: Montelimar (2016)

Les types de contenus

Selon Rodet (2004), le contenu d’une rétroaction a un impact significatif sur l’avancée de l’apprenant dans son parcours d’apprentissage. L’auteur souligne que, puisque tous les apprenants abordent et intègrent les nouvelles connaissances de manière singulière, il faut opter pour des stratégies de communication permettant aux apprenants de faire le point sur leurs connaissances et leur indiquer des pistes afin de parfaire leurs acquis. L’auteur met donc en relief quatre types de contenu transmis par les rétroactions.

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Cognitif

Le type de contenu cognitif se rapproche, selon Rodet (2004), à de la correction académique. Il s’agit d’un contenu qui donne quelques suggestions pour corriger des erreurs et apporter certaines précisions. Boucher (2015) souligne d’ailleurs que la rétroaction porte souvent sur ce type de contenu et est généralement associée à la note attribuée.

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Métacognitif

Tel que spécifié par Boucher (2015), le type de rétroaction ayant un contenu métacognitif va porter sur les différentes stratégies en place pour réaliser une tâche à accomplir ainsi que sur la capacité de l’apprenant à s’autoévaluer. Ainsi, l’évaluateur va situer la connaissance de l’apprenant par rapport à un cadre plus vaste et plus large que celui du cours ou du programme de formation (Rodet, 2004, p. 50).

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​Méthodologique

Un contenu de rétroaction méthodologique va concerner les façons de faire ainsi que les méthodes de travail utilisées par l’étudiant. Selon Rodet (2004), les éléments qui permettent de mettre en relief la structuration du propos via notamment des tableaux et cartes sémantiques permettent de renforcer chez l’apprenant la perception de la pertinence de ces stratégies.

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Affectif

Finalement, le contenu de type affectif concerne plutôt la relation entre l’apprenant et le tuteur. Puisqu’elle est un acte de communication, la rétroaction ayant un contenu affectif permettra à l’évaluateur d’adapter son message aux caractéristiques de l’apprenant (Boucher, 2015).

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En bref

Le site de l’université Laval propose un intéressant tableau récapitulatif sur les divers types de contenu des rétroactions.

Les formes de rétroaction

Les rétroactions se déclinent sous deux formes. Peu importe le médium utilisé (vidéo, chat, téléphone, etc.), les rétroactions sont soit transmises de manière orale ou de manière écrite.

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La forme orale

Rodet (2004), souligne que le principal avantage des rétroactions orales réside dans le fait qu’elles se déroulent sur un mode plus interactif et synchrone. Ainsi, les communications s’effectuent avec plus de naturel et permettent de réagir immédiatement aux propos tenus.

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​La forme écrite

En mode asynchrone, on privilégie davantage les rétroactions écrites. Le tuteur doit donc prendre davantage de temps afin de construire son propos et « anticiper » les questions de l’apprenant. Rodet (2004), souligne que l’intérêt des rétroactions écrites est son caractère permanent. Aujourd’hui, le courriel est la façon la plus utilisée de procéder.

Source: Rodet, 2004
Source: Rodet, 2004

Une rétroaction efficace

Sur le site de l’Université Laval, sous la rubrique Ressources pédagogiques, on y trouve un intéressant billet concernant la rétroaction. Selon ce site, voici les principales pratiques à adopter pour une rétroaction de qualité.

  • S’adresser à l’étudiant, mais évaluer la production.

  • Utiliser une annotation précise et concrète qui met l’accent sur les points forts.

  • Commenter la performance de l’étudiant par rapport à la tâche demandée, ainsi que les apprentissages qu’il a réalisés ou qu’il doit rectifier.

  • Formuler essentiellement des commentaires sur des éléments référant aux objectifs évalués et aux critères spécifiés.

  • Parmi l’ensemble des commentaires, pointer ceux sur lesquels l’étudiant doit travailler en priorité.

  • Situer l’activité d’évaluation et la performance de l’étudiant dans la séquence d’apprentissage globale.

  • S’assurer de remettre les commentaires à l’étudiant afin qu’il en prenne connaissance et puisse ajuster ses apprentissages au besoin.


​Somme toute, une rétroaction doit être, selon Barriault (2016) : constructive, positive, être donné rapidement, quantitative, personnelle et doit se référer à des objectifs préétablis. De plus, Sénéral (2016) propose un intéressant registre des choses à faire et à ne pas faire lors d’une communication de rétroaction.


Source: Sénécal, 2016
Source: Sénécal, 2016

La rétroaction est généralement une manière efficace afin d’aider les apprenants dans la poursuite de leurs objectifs. Mais le tuteur doit prendre en considération plusieurs facteurs afin d’y parvenir. Il s’agit également d’un moyen efficace pour l’enseignant de prendre le pouls de l’efficacité et de la qualité de son enseignement.

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Fournir une rétroaction efficace et efficiente consiste à beaucoup plus qu’à simplement renseigner sur une bonne ou mauvaise réponse, c’est un accompagnement, un encouragement dans la poursuite des objectifs pédagogiques des apprenants. C’est considérer chaque élève à part entière et tenter de comprendre les stratégies à utiliser afin de mieux les aider individuellement et collectivement.



Sources:

Barriault, L. (2016). Comment et pourquoi donner des rétroactions aux élèves. RIRE – Réseau d’information pour la réussite éducative. [En ligne]. URL :http://rire.ctreq.qc.ca/2016/05/retroaction-guide/ 


Boucher, C. (2015). La rétroaction : élément phare pour l’apprentissage de nos étudiants. Portail du soutien à la pédagogie universitaire du réseau de l’université du Québec. Le Tableau, volume 4, numéro 3. [En ligne]. URL :http://pedagogie.uquebec.ca/portail/system/files/documents/membres/letableau-v4-n3-2015.pdf 


Killian, S. (2015). 8 Strategies Robert Marzano & John Hatties Agree On. [En ligne]. URL :http://www.evidencebasedteaching.org.au/robert-marzano-vs-john-hattie/   


Montelimar, I. (2016). Comment et pourquoi donner des rétroactions aux élèves? AC-Grenoble. Des outils pour la classe, année scolaire 2015-2016 – n° 14. [En ligne]. URL :http://www.ac-grenoble.fr/ien.montelimar/IMG/pdf/les_outils_pour_la_classe_14_-_comment_et_pourquoi_donner_des_retroactions_aux_eleves.pdf 


Rodet, J. (2004). La rétroaction, support d’apprentissage?Recue du conseil Québécois de la formation à distance. [En ligne]. URL :http://cqfd.teluq.uquebec.ca/distances/D4_2_d.pdf 


Sénécal, I. (2016). Comment donner une rétroaction efficace aux étudiants. ProWeb – Ressources numériques et pratiques pédagogiques inspirantes. [En ligne]. URL :http://www.profweb.ca/publications/articles/comment-donner-une-retroaction-efficace-aux-etudiants 


TASEBT (The Australian Society for Evidence Based Teachning).Comment fournir la rétroaction aux élèves – Guide avancé.Pinnacle Education. [En ligne]. URL :http://www.formapex.com/telechargementpublic/appyf2014a.pdf?616d13afc6835dd26137b409becc9f87=7e184cc19f05b02b5fd5b6e6942b312f 


Université Laval. La rétroaction. Enseigner à l’Université Laval. [En ligne]. URL : https://www.enseigner.ulaval.ca/ressources-pedagogiques/la-retroaction 

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